Une rénovation de cuisine se joue souvent à quelques centimètres : un îlot qui passe ou non, un évier que l'on peut déplacer ou pas, des meubles hauts qui butent sur une poutre. À Lyon, le bâti ajoute ses propres contraintes : cuisines étroites des immeubles haussmanniens de la Presqu'île, hauts plafonds et poutres des appartements canuts de la Croix-Rousse, plans standardisés des logements récents de Confluence.
Ce guide reprend les questions que nous traitons avec chaque client avant de dessiner une cuisine : le budget, le choix entre cuisine ouverte et fermée, sur-mesure ou cuisiniste, les matériaux, la place d'un îlot, les étapes du chantier et le choix des artisans. Les exemples viennent de nos chantiers lyonnais.
Quel budget pour rénover une cuisine à Lyon ?
Le budget dépend de ce que l'on conserve (caissons, réseaux, sol), du type de mobilier et des travaux autour. Voici les fourchettes observées sur le marché lyonnais.
| Niveau de rénovation | Budget indicatif | Ce que cela comprend |
|---|---|---|
| Économique | 5 000 à 8 000 € | Façades neuves sur des caissons en bon état, nouvelle crédence, évier et robinetterie, peinture |
| Complète | 8 000 à 15 000 € | Dépose, mobilier de cuisiniste, électroménager encastré, plan de travail (quartz, stratifié ou bois), crédence, mise aux normes électriques, sol si nécessaire |
| Haut de gamme | 15 000 à 25 000 € | Mobilier de cuisiniste haut de gamme, plan en pierre naturelle ou en béton coulé, électroménager premium (Gaggenau, Miele, La Cornue), îlot, éclairage travaillé |
La rénovation économique convient aux cuisines récentes, souvent postérieures à 2000, dont la plomberie et l'électricité sont aux normes. La rénovation complète est le niveau le plus courant dans les projets que nous accompagnons à Lyon. Une cuisine fabriquée sur mesure par un ébéniste suit une autre grille de prix, détaillée plus bas.
Les principaux postes de dépense
- Mobilier (meubles bas, hauts, colonnes) : 3 000 à 15 000 €
- Électroménager encastré (four, plaque, lave-vaisselle, réfrigérateur) : 2 000 à 8 000 €
- Plomberie (évier, alimentation, évacuation) : 500 à 2 500 €
- Électricité (circuits dédiés au gros électroménager, prises, éclairage) : 800 à 2 500 €
- Crédence (carrelage, verre, béton ciré) : 50 à 250 €/m²
- Sol, s'il est remplacé : 30 à 150 €/m²
- Plan de travail : le prix dépend surtout du matériau (détail plus bas)
Si vous confiez le projet à un architecte d'intérieur, ajoutez ses honoraires. Chez Studio Ladoit, la maîtrise d'œuvre complète représente 8 à 15 % du budget travaux : conception, consultation de 3 entreprises par lot, suivi de chantier hebdomadaire et réception. Notre article sur les honoraires d'un architecte d'intérieur à Lyon détaille les autres formules.
Cuisine ouverte, fermée ou semi-ouverte ?
C'est l'une des premières questions que nous posons, avant même de parler de façades. Il n'y a pas de réponse universelle : tout dépend de votre façon de vivre et de la configuration du logement.
Ouverte : plus d'espace et de lumière
La cuisine ouverte sur le séjour reste la plus demandée à Lyon, en particulier dans les appartements de la Presqu'île et de la Croix-Rousse où les surfaces sont comptées. Sans cloison, l'espace paraît plus grand, la lumière naturelle circule et l'on garde un œil sur les enfants pendant qu'on cuisine.
La contrepartie : les odeurs et le bruit de l'électroménager gagnent le salon, ce qui rend une VMC performante indispensable, et la cuisine doit rester rangée puisqu'elle est toujours visible.
Fermée : calme et odeurs contenues
La cuisine fermée connaît un regain d'intérêt, notamment depuis l'essor du télétravail : on cuisine sans déranger, on ferme la porte sur la vaisselle, les odeurs restent dans la pièce. Ses limites : sans fenêtre, elle est vite sombre, et elle séduit moins les acquéreurs sur le marché lyonnais actuel.
Semi-ouverte : le compromis
Un îlot, un bar haut ou une verrière séparent sans fermer : on reste en contact avec le séjour tout en limitant la diffusion des odeurs, et une verrière fait entrer la lumière dans une cuisine intérieure. Au Projet Les Pentes, dans un appartement de 75 m² des Pentes de la Croix-Rousse, une verrière à arcs ouvre le mur de la cuisine sans le supprimer, et un îlot à l'extrémité arrondie complète le plan de travail.

Changer la cuisine de pièce est aussi possible, à condition d'y amener l'eau et l'évacuation. À Villeurbanne, pour le Projet Alsace, l'ancienne chambre est devenue une cuisine ouverte sur le séjour, dans le cadre d'une circulation entièrement repensée pour cet appartement familial de 90 m².
Cuisine sur mesure, cuisiniste ou grande enseigne ?
Ikea, Lapeyre, Schmidt ou Mobalpa livrent des cuisines bien finies, à des prix compétitifs et dans des délais maîtrisés. Le sur-mesure ne se justifie donc pas partout. Voici comment les trois options se comparent à Lyon.
| Critère | Grande enseigne (Ikea, Lapeyre) | Cuisiniste (Mobalpa, Schmidt, SieMatic) | Sur-mesure (artisan ébéniste) |
|---|---|---|---|
| Budget de la cuisine | 3 000 à 8 000 € | 8 000 à 20 000 € | 8 000 à 40 000 € |
| Délai indicatif | 4 à 8 semaines | 8 à 16 semaines | 12 à 24 semaines |
| Qualité | Standard | Bonne à très bonne | Excellente |
| Espaces atypiques | Adaptation limitée | Possible, dans la limite de la gamme | Adaptation parfaite |
| Durée de vie | 10 à 15 ans | 15 à 20 ans | 25 à 40 ans |
| Pour qui | Petits budgets, pièces standard | Pièces assez régulières, budget intermédiaire | Espaces atypiques, projets exigeants |
Quand le sur-mesure fait la différence
Les meubles de série suivent des modules standard (30, 40, 60 ou 80 cm de large) et des hauteurs fixes. Or les appartements lyonnais sont rarement d'équerre : mur en biais, angle à 89°, poutre qui descend dans la cuisine, plafond en pente. Avec des modules, on comble les écarts par des panneaux de remplissage et l'on perd des centimètres. Une cuisine sur mesure se dessine au millimètre pour la pièce.
Le sur-mesure ouvre aussi les associations de matériaux (bois massif et marbre, laiton et béton ciré) et les équipements spécifiques : cave à vins intégrée, plancha, tiroirs à épices dessinés pour vos bocaux. Il dure enfin plus longtemps, parce qu'il se répare : une façade se remplace, une charnière se resserre, un plan en bois se ponce. Plus cher au départ, il revient souvent moins cher sur la durée.
Côté budget, le mobilier sur mesure seul coûte 8 000 à 14 000 € en stratifié texturé, 14 000 à 22 000 € en laqué mat avec plan de travail en quartz, et 22 000 à 40 000 € en bois massif ou laqué premium avec plan en pierre naturelle. Une fois ajoutés l'électroménager, la plomberie, l'électricité, la crédence, le sol et les honoraires, un projet complet se situe entre 12 000 et 50 000 €. Le sur-mesure devient vraiment intéressant à partir de 12 000 € environ ; en dessous de 8 000 €, les grandes enseignes offrent un meilleur rapport qualité-prix.
L'exemple du Projet Bellecour : une kitchenette sur mesure dans 25 m²
Dans un petit espace, le sur-mesure devient presque indispensable. Au Projet Bellecour, un studio de 25 m² à deux pas de la place Bellecour, nous avons conçu une kitchenette sur mesure intégrée à l'espace, avec des rangements invisibles et un traitement des couleurs qui unifie la pièce. Nous avons ensuite produit les plans techniques d'exécution et coordonné le chantier.

Quels matériaux pour une cuisine qui dure ?
Les matériaux expliquent l'essentiel de l'écart de prix entre deux cuisines de même taille. Voici ceux que nous utilisons le plus, avec leurs prix indicatifs.
Le plan de travail
- Stratifié haute pression (HPL) : le meilleur rapport qualité-prix, en imitation bois, béton ou marbre. 60 à 150 €/m.l. Suffisant pour les projets économiques ou intermédiaires.
- Bois massif (chêne, hêtre) : chaleureux et réparable, mais à huiler ou vitrifier régulièrement, et à protéger près de l'évier. 150 à 400 €/m.l.
- Granit : résistance exceptionnelle, chaque dalle est unique ; attention au poids sur les grandes surfaces. 200 à 500 €/m².
- Quartz (Silestone, Cæsarstone) : non poreux, très résistant aux rayures et aux taches, avec de nombreux effets (marbre, béton). 300 à 600 €/m². Notre recommandation pour les projets standard à haut de gamme.
- Pierre naturelle (marbre, quartzite) : le plus haut de gamme, avec un traitement hydrofuge à renouveler. 500 à 1 200 €/m².
Les façades et les caissons
- Laqué mat sur MDF : la finition la plus demandée, dans n'importe quelle teinte RAL ou NCS (vert sauge, bleu nuit, blanc satiné, gris foncé). Les teintes sombres marquent les traces de doigts. 400 à 900 €/m.l. en sur-mesure.
- Stratifié HPL texturé (Fenix, Formica Infiniti) : résistant aux rayures, à la chaleur et aux UV, en imitation bois, béton ou métal. Le bon choix pour une famille avec enfants ou un budget de 8 000 à 15 000 €. 200 à 500 €/m.l.
- Bois massif (chêne, noyer, frêne, cerisier) : chaleur, durabilité, une rayure se ponce et une tache se traite. 800 à 1 800 €/m.l. de caisson et façade selon l'essence et la finition.
- Inox brossé ou tôle peinte : pour un esprit professionnel ou industriel. 600 à 1 200 €/m.l. en inox brossé sur mesure ; la tôle peinte, noire ou anthracite, donne un effet proche pour moins cher.
Accorder la cuisine à l'immeuble
Le bon matériau dépend aussi du bâti. Dans un appartement haussmannien de la Presqu'île ou du 6e arrondissement, le chêne huilé, le marbre et la robinetterie laiton répondent au parquet point de Hongrie et aux moulures (voir notre guide pour rénover un appartement haussmannien). Dans un appartement canut, l'inox, le métal noir ou le béton ciré dialoguent avec les poutres et les hauts plafonds. Dans un logement récent de Confluence ou de la Part-Dieu, des façades lisses en laqué mat prolongent l'architecture.
Ce ne sont pas des règles. Au Projet Les Pentes, entre poutres apparentes et mur de pierre, nous avons préféré des façades claires sans poignées et une crédence couleur terre cuite : des couleurs douces qui mettent en valeur le bâti existant plutôt qu'un style industriel.
Un îlot central : à quelles conditions ?
Pour qu'un îlot reste pratique, il faut idéalement une cuisine d'au moins 12 m² et 120 cm de dégagement de chaque côté. Les cuisines des immeubles haussmanniens de la Presqu'île sont souvent trop étroites pour cela ; les maisons de la métropole, les grands appartements et les lofts s'y prêtent mieux. Un îlot peut accueillir un évier, une plaque de cuisson, un plan de travail supplémentaire et des rangements côté séjour.
La surface du logement compte moins que celle de l'espace cuisine. Au Projet Susan, un appartement de 50 m² à Confluence avec vue sur la Saône, la cuisine a été entièrement rénovée autour d'un îlot : plaque de cuisson d'un côté, tabourets de l'autre. Le bleu de la crédence répond à la touche de bleu Klein qui signe le projet, et le mobilier sur mesure exploite chaque mètre carré pour créer les rangements qui manquaient à ce logement récent.
Quand la place manque, une péninsule rattachée au mur ou un bar haut apporte une partie des avantages de l'îlot : un plan de travail en plus et un coin repas.
Les étapes d'une rénovation de cuisine
Voici la méthode que nous suivons chez Studio Ladoit, de la première visite à la réception du chantier.
- Visite et diagnostic. Nous regardons la cuisine et le reste de l'appartement (pièces voisines, parquet, moulures, lumière, orientation), vérifions plomberie, électricité et ventilation, et repérons murs porteurs et passages de canalisations. Le relevé se fait au millimètre, prises et évacuations comprises.
- Programme. Qui cuisine, combien de couverts au quotidien, recevez-vous souvent, gaz ou induction, quels objets doivent rester à portée de main : ce brief fixe l'organisation avant l'esthétique.
- Esquisses. 2 à 3 implantations différentes, accompagnées de planches d'ambiance, pour choisir une direction avant la conception détaillée.
- Plans techniques et 3D. Plan d'implantation coté, élévations, coupes, détails de menuiserie et vue 3D photoréaliste pour valider le rendu avant toute commande.
- Consultation des artisans. Plombier, électricien, cuisiniste ou ébéniste, carreleur, peintre : au moins 3 devis par lot, comparés à prestations égales.
- Dépose et réseaux. Dépose de l'ancienne cuisine, préparation des murs et du sol (imperméabilisation, ragréage), mise aux normes de la plomberie et de l'électricité.
- Pose et finitions. Meubles, plan de travail, crédence, raccordement de l'électroménager, éclairage.
- Réception. Test de chaque équipement, contrôle de conformité et levée des réserves.
Bien choisir ses artisans
Lyon a une solide tradition de menuiserie et d'ébénisterie. Pour choisir votre cuisiniste ou votre ébéniste, quelques critères simples :
- Des cuisines récentes dans son portfolio, pas seulement des bibliothèques ou des dressings : l'humidité et le contact alimentaire demandent un savoir-faire propre.
- Des références visitables : une cuisine vue en vrai vaut mieux que des photos.
- Un atelier de fabrication plutôt qu'un revendeur de mobilier importé : vous gardez la main sur la qualité.
- Un délai réaliste : un bon ébéniste est très demandé, méfiez-vous des délais trop courts.
- Les attestations d'assurance, garantie décennale comprise, qui protègent votre investissement en cas de malfaçon.
Dans une mission complète, nous consultons nous-mêmes les entreprises de notre réseau, comparons les devis et coordonnons les interventions dans le bon ordre, avec un compte-rendu écrit chaque semaine (voir notre suivi de chantier). Si vous préférez gérer vos artisans, l'étude d'aménagement complète (1 500 à 4 500 € selon la surface du logement) vous remet plans techniques, vues 3D et descriptif lot par lot. Pour un avis ponctuel, comme la seconde lecture d'un devis de cuisiniste, nous intervenons à l'heure (80 à 150 €/h HT).
Votre projet de cuisine à Lyon
Une cuisine s'inscrit souvent dans une rénovation plus large : notre guide pour rénover un appartement à Lyon détaille le calendrier et le rôle de chaque intervenant, et chaque projet cité ici est présenté en photos dans nos réalisations. Nous intervenons à Lyon et dans sa métropole, ainsi qu'à Chalon-sur-Saône et à Beaune.
Le premier rendez-vous est gratuit et sans engagement : décrivez-nous votre cuisine, nous vous répondons sous 48 h.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une rénovation de cuisine à Lyon ?
Le chantier dure 2 à 4 semaines : dépose, réseaux, pose et finitions. L'amont prend plus de temps. Avec un cuisiniste, la conception, les devis et la commande demandent 6 à 12 semaines, soit 2 à 4 mois au total. En sur-mesure, prévoyez 16 à 28 semaines entre les premiers plans et la livraison : 4 à 8 semaines de conception, 8 à 16 semaines de fabrication en atelier, puis 1 à 2 semaines de pose et de finitions.
Peut-on rénover une cuisine sans changer les meubles ?
Oui, si les caissons sont en bon état. En remplaçant seulement les portes, les poignées, la crédence et le plan de travail, on change complètement l'aspect d'une cuisine pour 2 000 à 5 000 €.
Quelle différence entre cuisine ajustable et cuisine sur mesure ?
Une cuisine ajustable, celle que proposent les cuisinistes, combine des modules aux dimensions prédéfinies. Une cuisine sur mesure est fabriquée pour les dimensions exactes de la pièce, sans contrainte de module : pour un espace atypique, c'est la seule solution qui ne perd aucun centimètre.
Quelles aides pour rénover une cuisine ?
Une rénovation de cuisine seule n'ouvre pas droit aux aides à la rénovation énergétique comme MaPrimeRénov' ou l'éco-PTZ, sauf si elle s'inscrit dans un programme global comprenant des travaux d'isolation. En revanche, les travaux de rénovation réalisés par une entreprise dans un logement de plus de 2 ans bénéficient d'une TVA à 10 % au lieu de 20 %.
Faut-il un architecte d'intérieur pour rénover sa cuisine ?
Non, ce n'est pas obligatoire : vous pouvez traiter directement avec un cuisiniste ou un ébéniste. L'architecte d'intérieur intègre la cuisine au projet global du logement, coordonne plombier, électricien, carreleur et menuisier, et garantit la cohérence de l'ensemble. Au-delà de 15 000 € de projet, cet accompagnement est presque toujours rentable.
